Ces étranges lueurs...

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mars 2017

J'ai fait des progrès tu sais ?

J'ai fait des progrès tu sais ? J'ai appris à me fondre dans la foule, me couler dans la masse et à me répandre dans la rumeur. Je fais "comme ci" même si je pense "comme ça". Comme ça je suis comme si j'étais ce qu'ils veulent que je sois. Je te dirais que je ne peux pas faire mieux. Je me disjoins. C'est un exercice difficile. Douloureux parfois. J'ai peur de me déchirer complètement. J'ai peur de cette plaie béante qui s'ouvre sur du vide. Tu sais, je déteste toujours les ascenseurs. Dans un ascenseur il y a trop souvent quelqu'un avec toi qui se croit obligé de dire un truc. (...)

Ces soirs là, le ciel était époustouflé par tant d'étoiles

Ces soirs là, le ciel était époustouflé par tant d'étoiles. Y avait ta main dans la mienne, ou peut-être c'était l'inverse ou peut-être les deux à la fois. Je ne sais plus en fait. Mais j'aimais beaucoup ça. Je me rappelle nos rires qui partaient en guerre contre ce monde qui ne nous plaisait pas. Un peu de cynisme n'a jamais fait de mal et avec toi, c'était bien, parce tu comprenais ça. On se moquait des autres, on se moquait de nous, on se foutait de tout. Un jour je te prenais dans mes bras et le lendemain c'était toi. Y avait que ça pour se tenir chaud au cœur et puis il (...)

Des fois je me demande...

Des fois je me demande s'il est une âme, quelque part, que l'on peut aimer à chaque instant et ce, jusqu'à son dernier souffle. Une ou peut-être plusieurs en ces milliards d'êtres qui se croisent de partout. Je sais, c'est naïf. Peut-être même un peu étrange... Mais quand même... Cette question m'obsède encore et toujours. Un jour, pendant un an, j'étais croque-mort, pour apprendre et voir les déclinaisons des contre-jours. Une vieille dame m'a demandé de rester seul avec elle pendant qu'elle se recueillait auprès de son défunt mari. J'ai fait sortir les autres. Et je suis (...)

Entre les lignes...

Entre les lignes il y a des espaces car entre les lignes il y a des songes. Si jamais tu y rencontres du vide c'est qu'on a plus rien à se dire. Je crois que ça marche comme ça. De mon côté, je cure et creuse toujours plus profond dans la plaie avec la pointe du stylo. Il faudra quand même que je pense à racheter du papier… Pour laisser se reposer la plaie… Sinon je continue à venir là, un peu. Pour tout ce qui est inclassable et grand foutoir. Ça me va comme ça. Et puis eux, je sais qu’ils s'en foutent. Comme ça je t'écris tout ce que je ne te dis pas parce que tu ne veux (...)

J'aime bien son regard...

J'aime bien son regard. Ses envolées entre deux battements de ciles. Il en dit long sur bien de choses et y a plein de reflets. C'est lumineux et limpide. Il faudrait que je lui dise mais je sais pas comment faire. C'est mon problème ça. Toujours. Ne pas savoir dire les choses. Je ne sais parler qu'à des feuilles de papier… Et le papier s'en fout lui, de tout ce que tu peux lui raconter. C'est con le papier. Bref. On a profité du soleil. Y avait du monde en terrasse, mais en fait, y avait que nous deux, j'avais l'impression. En tout cas, pour moi, y avait que ça qui comptait. On est (...)