Ces étranges lueurs...

J'aime bien son regard...

J'aime bien son regard. Ses envolées entre deux battements de ciles. Il en dit long sur bien de choses et y a plein de reflets. C'est lumineux et limpide. Il faudrait que je lui dise mais je sais pas comment faire. C'est mon problème ça. Toujours. Ne pas savoir dire les choses. Je ne sais parler qu'à des feuilles de papier… Et le papier s'en fout lui, de tout ce que tu peux lui raconter. C'est con le papier. Bref. On a profité du soleil. Y avait du monde en terrasse, mais en fait, y avait que nous deux, j'avais l'impression. En tout cas, pour moi, y avait que ça qui comptait. On est (...)

Entre les lignes...

Entre les lignes il y a des espaces car entre les lignes il y a des songes. Si jamais tu y rencontres du vide c'est qu'on a plus rien à se dire. Je crois que ça marche comme ça. De mon côté, je cure et creuse toujours plus profond dans la plaie avec la pointe du stylo. Il faudra quand même que je pense à racheter du papier… Pour laisser se reposer la plaie… Sinon je continue à venir là, un peu. Pour tout ce qui est inclassable et grand foutoir. Ça me va comme ça. Et puis eux, je sais qu’ils s'en foutent. Comme ça je t'écris tout ce que je ne te dis pas parce que tu ne veux (...)

Des fois je me demande...

Des fois je me demande s'il est une âme, quelque part, que l'on peut aimer à chaque instant et ce, jusqu'à son dernier souffle. Une ou peut-être plusieurs en ces milliards d'êtres qui se croisent de partout. Je sais, c'est naïf. Peut-être même un peu étrange... Mais quand même... Cette question m'obsède encore et toujours. Un jour, pendant un an, j'étais croque-mort, pour apprendre et voir les déclinaisons des contre-jours. Une vieille dame m'a demandé de rester seul avec elle pendant qu'elle se recueillait auprès de son défunt mari. J'ai fait sortir les autres. Et je suis (...)

Ces soirs là, le ciel était époustouflé par tant d'étoiles

Ces soirs là, le ciel était époustouflé par tant d'étoiles. Y avait ta main dans la mienne, ou peut-être c'était l'inverse ou peut-être les deux à la fois. Je ne sais plus en fait. Mais j'aimais beaucoup ça. Je me rappelle nos rires qui partaient en guerre contre ce monde qui ne nous plaisait pas. Un peu de cynisme n'a jamais fait de mal et avec toi, c'était bien, parce tu comprenais ça. On se moquait des autres, on se moquait de nous, on se foutait de tout. Un jour je te prenais dans mes bras et le lendemain c'était toi. Y avait que ça pour se tenir chaud au cœur et puis il (...)

J'ai fait des progrès tu sais ?

J'ai fait des progrès tu sais ? J'ai appris à me fondre dans la foule, me couler dans la masse et à me répandre dans la rumeur. Je fais "comme ci" même si je pense "comme ça". Comme ça je suis comme si j'étais ce qu'ils veulent que je sois. Je te dirais que je ne peux pas faire mieux. Je me disjoins. C'est un exercice difficile. Douloureux parfois. J'ai peur de me déchirer complètement. J'ai peur de cette plaie béante qui s'ouvre sur du vide. Tu sais, je déteste toujours les ascenseurs. Dans un ascenseur il y a trop souvent quelqu'un avec toi qui se croit obligé de dire un truc. (...)

Je te dirais que oui… Je te dirais que non…

Ai-je fais les bons choix ? Pris les bonnes décisions ? Je te dirais que oui… Je te dirais que non… Les conjonctures étaient différentes. Les enjeux aussi. Les certitudes d'hier ne sont plus celles d'aujourd'hui. Au bout du compte, il ne reste que les conséquences. Des résonances heureuses ou nociceptives… Les conséquences… C'est tout. On avait semé des graines sur les plaines désertiques et nous ne savions pas ce qui allait pousser. Comment aurait on pu le savoir ? On voulait juste que la terre nue et aride devienne luxuriante et prolifique. On a fait couler des rivières de (...)

Soirée cathodique...

Hier. Soirée hypnotique et cathodique. Mon cerveau n'en a pas cru ses yeux tant ces derniers n'étaient pas connectés au premier suscité. Que ce passe t-il quand un légume regarde un navet ? Rien. Moi (inquiet) : C'est grave docteur ? Le docteur (impressionné) : électroencéphalogramme plat. Pas joli joli... Moi (interloqué) : ha. C'est plat à ce point ? Le docteur (suspicieux) : Auriez vous subit une lobotomie ? Moi (????) : euh.... peut être... ha oui une fois. Des amygdales. Le docteur (????) : ????? Moi (pressé d'en finir) : bon... ben alors, on fait quoi ? Le docteur (...)

Dans les grands draps blancs...

Dans les grands draps blancs comme un désert de glace souffle un vent froid. J'y frissonne. J'y cauchemarde. Je n'y dors plus. Je ne veux pas. Je préfère le canapé. Comme un îlot au milieu du salon avec sa fenêtre sur d'autres mondes... Embarqué dans la machine à voyager dans le temps et dans l'espace j'oublie peu à peu les grands draps blancs dans la nuit noire. J'ai mis mes yeux et mon cerveau sous perfusion. J'ai mis ma vie de côté. Je te la laisse. (...)

Je suis sorti...

Je suis sorti et j'ai laissé le soleil couler sur ma peau. C'était chaud. C'était bien. J'ai même fermé les yeux un moment pour mieux profiter. Pour que rien ne vienne troubler ce moment. J'aurais aimé qu'à ce moment là elle soit à côté de moi et je lui aurais pris la main tout simplement. Je sais pas pourquoi mais je me suis senti si bien... Reposé. Le silence ne m'a rien appris de plus, je te dirais. Il n'a rien voulu me dire et ça tombe bien, parce que de toute façon je ne voulais rien savoir, je ne veux plus savoir. J'ai souri parce que là, d'un coup, je me suis rappelé (...)

NAUFRAGE

Ces doutes... Comme le ressac... Ces vagues violentes qui viennent frapper de plein fouet tes certitudes. Tu sais pas pourquoi. Tu sais pas quand. Ce soir la mer était calme et d'un coup la vague est arrivée. Alors, t'as des perles d'écume au bord des yeux, le coeur qui t'éclate les tempes. Des écueils d'hier et d'aujourd'hui, des écueils à fleur de peau... Et toi tu viens te fracasser dessus. Tu te disloques. Alors il faut écrire. Écrire et jeter l'encre. Tu retapes ta vie comme on renfloue une épave, tu grées les voiles et tu voiles tes regrets. Voilà. C'est ainsi que tu (...)

Mes nuits... Mes étranges lueurs...

Comment était lunée la lune ? Son oeil était il noir ou clair ? Etait elle blonde ou bien brune ? Mon égérie, ma conseillère... C'était un ciel couleur de nuit D'avant le pourpre du matin, Un immense océan d'oubli Pour les naufragés de demain. La profondeur et le vertige Allongés sur un champ d'étoiles Pour la noblesse et le prestige De cette beauté sidérale. Il y avait tant de silence Je me croyais devenu sourd A la fureur, à la démence Et au vacarme du grand jour. Tu étais douce, tu étais belle Je n'ai plus voulu te quitter Ma douce nuit, mon éternelle Tu seras toujours (...)

Hier... Là-bas...

Ça me fait toujours bizarre de revenir ici. Ici, c'est là bas maintenant et je m'y sens comme un étranger. C'était pourtant il n'y a pas si longtemps mais je ne sais plus qui j'étais hier. Je ne sais pas ce que je suis devenu. C'est comme si je possédais les souvenirs d'un autre. Je me rappelle les pavés entre les murs noirs, les portes secrètes de nos sanctuaires et les bacchanales superbes. On gerbait notre jeunesse sous des trombes éthyliques sûrement pour oublier qu'on ne savait pas quoi faire de nous. On comblait le vide avec nos rires rafistolés par l'ambre et les fumées (...)

Retour...

Retour à C. pour ces fêtes de Noël. K. n'était pas avec nous. Partie à Paris. Avec le petit on s'est balladé en ville. Je lui ai montré ou on s'est rencontré avec sa Maman, où elle habitait aussi, et ce bar étudiant où elle m'a pris la main et elle m'a dit : "j'aimerai beaucoup vivre avec toi ces prochaines années". Je lui ai montré notre resto préféré, et juste en face le cinquième avenue, où on se retouvaient tous. Je squattais le piano et A. chantait et la bande était là et le monde nous appartenait. On a fait un tour de grande roue et on est allé au parc, ce même (...)

Ils étaient tous là...

Ils étaient tous là, à table, la panse pleine de leurs assiettes vidées et les joues rouges de leurs verres vidés et la tête pleine de leurs idées vides et moi je gardais mon fiel dans mes entrailles et regardais le ciel dans les entailles en priant pour qu'elles ne se referment jamais. Des nuages là bas s'accumulaient. J'espère qu'un souffle inespéré les fera s'éloigner. J'espère qu'un jour je n'aurai plus la nausée. (...)

Trouver...

Trouver un coin tranquille, un moment de calme. Pas envie de manger, de parler. Trop de monde d'un coup. J'ai de plus en plus de mal avec ses fêtes interchangeables et rabachées. C'est du bonheur imposé et planifié. C'est du despotisme. Je sature. J'essaie de planquer mon malaise pour ne pas leur faire de la peine ou les inquiéter. Comment continuer à leur cacher que je ne supporte plus mon couple et ma vie. Que je me sens triste, loin, très loin au fond de moi. Et la mascarade continue, et me tue... Il n'y a que les enfants qui me donnent chaud au coeur. La joie qui vibrillonne dans (...)

Ça y est...

Ça y est suis en vacances. Tout est déjà planifié, préparé, réfléchi, organisé, structuré et écrit. J'ai pas eu besoin de faire quoi que ce soit, ils ont déjà tout prévu pour moi. Je suis sûr qu'ils ont même déjà acheté les cadeaux. Des gens bien quoi... Pas comme moi. Je connais déjà les phrases toutes faites et les gestes automates. Là, je souris, là, j'opine, là, je m'indigne, là, je fais la bise, là, je dis pas ce que je pense, là, je dis ce que je pense pas... Et tout et tout... C'est chiant. Mais c'est comme ça. Allé, au travail ! (...)

J'aimerai...

J'aimerai : - me rappeler où je gare ma voiture sur les parkings, - ne plus perdre ma tasse de café tous les matins, - ne plus me mettre de la pâtée pour chat sur les doigts quand j'ouvre les sachets, - ne plus être obligé de discuter avec le voisin (de droite quand t'es face à la maison), - ne plus manger de betteraves pour montrer l'exemple à mon petit, - ne plus remplir la déclaration de revenues à 5 mn de la date butoir sur internet, - ne plus payer d'impôts aussi, tiens... - ne plus acheter des endives trop amères, - ne plus avoir à régler le radio réveil à chaque (...)

Sommeil... Endors moi...

Ça y est, ça recommence. Je me fouille de fond en comble. Je veux comprendre la mécanique des conflits et des carnages. Les étapes de la putréfaction. Alors j'exhume. La terre est meuble après l'orage tu sais ? C'est le moment idéal pour creuser. Allé creuse ! Personne le fera pour toi... Putain... je suis noir de café, je suis tard de fatigue. Je peux même pas me lever puisque je ne me suis même pas couché. Comment on fait dans ces cas là ? Il n'y a pas de soleil dehors, je suppose que c'est la nuit. C'est comme ça que ça fonctionne je crois. Et je voudrais savoir qui a mis la (...)

Ecrire...

Tu avais raison. Tu as toujours raison. Il faut cautériser la vaine hémorragie des sentiments. Il n'est pas trop tard. Mais le temps n'est plus immobile tu sais ? Je l'ai vu se mouvoir. Il rampait sur le cadran. Silencieux et perfide. Avant, je croyais que la nuit était un contre jour et le jour un contretemps. Je m'étais trompé. Je dois rattraper les heures perdues. J'espère trouver les mots et les formules qui feront s'éveiller les horacles. J'ai besoin de conseils. J'ai besoin d'être sûr. Dicerner plus clairement la frontière entre le tort et la raison. La ligne de faille. (...)